En me basant sur deux articles trouvés sur Internet et deux DVDs traitant le sujet du rap allemand, je vais d’abord répondre à la question si le rap français est un mouvement culturel ou non et ensuite jeter un oeil sur le pays voisin, l’Allemagne, pour trouver des parallèles ou des différences dans le développement du rap, genre musical et peut-être aussi mouvement culturel.
Dans le premier article, les deux auteurs traitent le sujet de la sociologie et de la politique du rap. Ils décrivent d’abord l’histoire du développement du rap français dont les origines se situent dans les banlieues à la fin des années 1980. Le rap était à cette époque pratiqué par les immigrants et les textes parlaient surtout de paix, d’amour, d’unité et de la politique. Ils reflétaient donc l’essence du mouvement hip-hop en général qui provenait des États-Unis et était de même un mouvement contre les injustices et le manque d’espoir résidant dans les ghettos. Le rap de cette époque est nommé par les auteurs „rap revendicatif“ et les rappeurs possèdent un capital culturel et symbolique qui leur permet de se forger une identité collective fidèle à l’essence du hip-hop.
Les messages provenant de ce mouvement ont extrêmement changé dans les 10 dernières années. L’image du rap est devenu une toute nouvelle: elle est violente, agressive, superficielle, sexiste, matérialiste incohérente et répétitive. Les rappeurs sont devenus des gangsters et le message originellement positif est complètement détourné. Les textes sont devenus plus festifs et touchent un public plus grand. Le ghetto, les armes, les voitures, les drogues, les filles et les fêtes définissent les thèmes principaux du rap actuel dont Booba, Salif ou La Fouine sont seulement quelques représentants. Les auteurs mettent ce développement du rap français en relation avec la commercialisation de ce genre musical. Le rap d’aujourd’hui transmet plutôt une idéologie de vie qui est dans son essence devenue très capitaliste et qui est à son tour du au succès commerciale des rappeurs. On parle donc aujourd’hui de deux logiques du rap qui sont d’un coté le rap „underground“ conforme à l’essence du mouvement hip-hop et le rap commerciale qui attire un grand nombre de supporteurs fasciné par le „lifestyle“ que pratiquent les interprètes, au moins dans leurs chansons.
L’attractivité de cette deuxième logique du rap est aussi énorme en Allemagne, surtout pour les jeunes entre 12 et 15 ans comme le décrit un article de la „ Mitteldeutschen Zeitung“.
On peut constater que le phénomène de commercialisation de rap en Allemagne suit la même logique qu’en France. L’image du rappeur, donc son passé souvent criminel et pauvre, est devenu la base de son succès. Les jeunes veulent écouter le rappeur le plus authentique est crédible et le débat en Allemagne se concentre surtout sur la question du „qui influence qui“, est-ce que ce sont les rappeurs qui influencent la société ou ne sont ils qu’un miroir de celle-ci. Néanmoins cette discussion actuelle le rap allemand a d’autres origines que le rap français. Les premiers rappeurs allemands provenaient plutôt d’un milieu assuré mais transportaient comme leurs voisins français des messages en majorité positivf mais beaucoup moins politiques et critiques de la société. Le rap n’a été fait pour le plaisir que pour la vente ou la critique. Mais la popularité du rap allemand ne commençait qu’en 2004 avec la chanson „Mein Block“ du rappeur SIDO, jeune berlinois provenant d’un milieu social qualifié de difficile et qui est devenu le premier „superstar“ du rap allemand. Les DVDs „ Rap City Berlin I et II“ montrent ensuite pour la première fois cette nouvelle génération des rappeurs allemands provenant pour une grande majorité des quartiers pauvres de Berlin et parlant dans leurs textes de leur environnement dur, de leur manque d’espoir et de leur méfiance dans l’État.
Le rap allemand est donc devenu plus politique dans son histoire mais l’image de l’interprète et son crédibilité sont l’indicateur principale de son succès.
Finalement on peut constater que le rap peut être considéré comme mouvement culturel, n’importe son message. Les adhérents du rap ne se définissent pas seulement avec ce message transmis mais aussi avec l’acteur qui dans le rap joue un plus grand rôle que dans d’autres genres musicaux. Ce dernier fait est aussi la raison pour laquelle les adhérents du rap actuel sont très vite qualifié de „fouteurs de merde“ comme le décrivent les deux auteurs de l’article sur la sociologie du rap. Ce phénomène est pareil en Allemagne et en France ainsi que les images que se donnent les rappeurs eux-mêmes et que leur donne la société.
Sources: http://heimann.antoine.free.fr
http://www.mzweb.de/servlet/ContentServer?pagename=ksta/page&atype=ksArtikel&aid=1127799479300&openMenu=1013016724320&calledPageId=1013016724320&listid=1018881578370
DVD: Rap City Berlin, Mantikor, 2004.
DVD: Rap City Berlin 2, Mantikor, 2008.
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