Les nuit fauves
Comment traiter les maladies sexuellemment transmissibles au cinéma?
Ignorance, intolérance et passion. Ce sont ces réactions, évoqué dans une critique du film des nuits fauves qui carachtérisent la polémique de la société française à l'égard de cet œuvre cinématographique et litéraire. Le film raconte l'histoire de Jean, jeune homme bisexuel qui découvre qu'il est séropositif et qui veut quand-même profiter le plus possible de la vie qui lui reste avec ses deux amours, son amante Laura et son amant Samy. Sans trop se soucier de la santé des autres il dit oui aux passions sexuelles, amoureuses et amicales, apparement ne pas conscient de sa mort inévitable dans le futur, et plus grave, la mort possible des autres s'ils sont contaminés par lui.
C'est cette inconscience – ou est-ce seulement une façon réaliste d'aborder le sujet? – qui crée un film culte pour les uns, une production irresponsable pour les autres. En tenant compte du fait qu'en 2007, quinze ans après le fim est sorti "toutes les 90 minutes en France, une personne découvre qu’elle est contaminée"[1], il gagne encore plus de valeur. Il y a peu d'œuvres d'art qui évoquent le sujet, encore moins qui le font si franchement et qui sont vu, lu et discuté par autant de gens, des jeunes surtout, et les médias. Tandis qu'il serait bien encore nécessaire de parler plus ouvertement du sida, des MST en générale et des préservatifs, quand on regarde le nombre de personne de nouveau contaminés en France. Il serait important aussi d'augmenter le savoir sur les telles maladies, pour lutter contre l'intolérence, pour normaliser le contact avec les personnes atteintes et réduire leur exclusion de la vie quotidienne.
En France, l'État s'en occupe au niveau institutionelle. Roselyne Bachelot- Narquin, la Ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative et l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) ont lancé deux campagnes en 2007 contre le Sida et pour une meilleur contraception: "Le VIH est toujours là" et "La meilleure contraception, c’est celle que l’on choisit". Les campagnes suivent des différentes stratégies. La première essay de faire apparaître le virus du Sida comme le "troisième partenaire" d’une situation de prise de risque potentielle et permet aussi de dire que "l’ennemi" n’est pas l’autre mais le virus du Sida. La deuxième est une campagne de communication reposant sur l’idée centrale que pour être bien acceptée et suivie la méthode contraceptive doit être adaptée à chaque femme et choisie par elle (voire son partenaire), en fonction de sa réalité quotidienne.
Mais les deux campagnes restent très pédagogique, le sujet des MST et de la contraception ne sont surtout pas mélangés dans les Spot TV et radio. Malgré déjà d'une certaine légèrté envers les sujets, ça reste une campagne institutionelle, l'État y est omniprésent. Accéder les jeunes et la société et de changer leur esprit et comportement est donc plutôt dure. Cela a peut-être arrivé Cyril Collard en portant la parole de sa vie et de son art.
Auteur du roman autobiographique les nuits fauves (1989) – un des premiers en France de parler de la bisexualité et du virus – il était lui-même réalisateur et protagoniste du long-métrage éponyme. Atteint du sida, au film autant qu'en réalité, Colard est mort quelques jours avant de recevoir les 4 césars pour les nuits fauves en 1993 à Cannes.
En luttant contre le virus qu'il avait contracté 1987, Ciryl Collard vivait dans les extrèmes. Il aimait passionnément les femmes et les hommes, voyagait et travaillait sans cesse pour ses œuvres. Il était cinématographe, acteur, chanteur (il avait composé aussi la musique pour les nuits fauves), auteur, artiste de toute son âme et son cœur. Son art et sa vie ne sont pas à trier, l'un influencé, absorbé par l'autre.
Lui-même atteint de la maladie allors, il savait le mieux comment c'était de vivre avec le sida et comment c'était dangéreux de l'attraper pendant une relation sexuelle. D'un coté, il y a une grande chance et peu-être une raison pour le grand succes du film dans ce fait, car on ne peut surtout pas lui reprocher de ne pas avoir été authentique. De l'autre coté, on se demande s'il a bien était conscient du modèle qu'il était en train de donner pour tout ce qui suivaient. Des phrases comme "J'ai l'impression qu'il ne peut rien nous arriver parce-qu'on va s'aimer!" nient la réalité jusqu'à la mort. Ça dépend du spectateur allors comment il le prend, de ce qu'il fait avec les images et les conversations qu'on lui donne.
Tout le monde réagit différament à n'importe quel film, certe, mais à l'égard de celui c'est encore plus personel. Les réactions sont influencés par le savoir sur les pratiques sexuelles et par la morale propre de chacun. Il n'y a personne qui peut se dire "ça ne me regarde pas", ça parle de la sexualité, le domaine le plus intime de tout le monde. A coté de la manière dont une personne contracté du sida et la liberté bisexuelle sont montré et commenté c'est donc ce fait qui polémiquait autant la société française.
(Laura Werres)
Sources:
[1] http://www.inpes.sante.fr/index.asp?page=30000/actus2007/023.htm
http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p1503/articles/a11080-.html
http://www.ecrannoir.fr/films/92/nuitsfauves/page3.htm
http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces=93.html
http://forum.aufeminin.com/forum/loisirs2/__f12933_loisirs2-Cyril-collard-et-ses-nuits-fauves.html
http://www.sante-jeunesse-sports.gouv.fr/campagnes/
www.choisirsacontraception.frhttp://www.inpes.sante.fr/index.asp?page=30000/actus2007/023.htm
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1 commentaire:
Au nom de l’art, le cinéma peut raconter n’importe quelle histoire - la liberté artistique permet presque tous.
Mais tandis que la plupart des films ou des livres se servent des histoires fictives, le film « Les nuits fauves » repose sur la réalité. Normalement, le spectateur peut s’aveugler sur des scènes traumatisantes, en disant que ce n’est que d’un film. Mais cette fois-ci, il sait que l’histoire s’est vraiment passée. Il semble que les films qui mélangent la fiction et la réalité, provoquent les réactions les plus fortes au public et aux critiques. Est-ce que seulement les films « réels » peuvent encore alarmer le public ?
Au mieux, on ne voudrait pas croire que quelqu’un se comporte de façon si irresponsable que le protagoniste des « Nuits fauves ». Mais au fond, le spectateur entrevoie que la réalité est encore plus grave et les statistiques le prouvent. Les campagnes officielles contres les maladies sexuellement transmissibles et l’éducation sexuelle à l’école ne garantissent pas un éclaircissement suffisant. Un film, tel que « Les Nuits fauves », a d’autres possibilités d’accéder aux spectateurs, particulièrement aux jeunes qui constituent la cible la plus importante. Décidément, le sujet est traité de manière audacieuse dans « Les Nuits fauves », mais je ne pense pas que le film soit irresponsable en montrant un mauvais exemple.
La décision de regarder un tel film dénote une conscience du problème. Par conséquent, le film incite une réflexion critique au lieu de déchaîner un comportement pareil au spectateur.
Justement, parce que le film base sur une histoire réelle – la mort de l’auteur/acteur le souligne de façon consternante – il réussit à démontrer l’urgence du problème.
Maika
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