mardi 1 juillet 2008

Les sans papiers: Décisions « au cas par cas » au lieu d’une régularisation massive

Après les grèves des quelques centaines de travailleurs sans papiers en avril 2008 dans l’Ile-de-France, le journal « Libération » a annoncé le dépôt des dossiers des travailleurs dans cinq préfectures de la région. Un article du journal précise que des représentants des préfectures concernées ont été reçus par Thierry Henry, le directeur de cabinet du ministre de l’Immigration, afin de s’entendre sur la façon de procéder dans l’affaire. L’auteur ajoute que le syndicat CGT (Conféderation Générale du Travail) a donné une liste avec les coordonnées et les noms des entreprises des travailleurs dans une situation irrégulière aux préfets.

La CGT et d’ autres associations syndicales s’engagent pour la régularisation des grévistes afin qu’ils puissent travailler légalement en France et souhaitent donc une discussion de chaque cas. En même temps, les syndicaux luttent aussi contre l’exploitation des sans papiers par les patrons. Les travailleurs dans une situation irrégulière paient par exemple des impôts normaux sans recevoir les droits qui appartiennent aux salariés. La CGT se montre optimiste : le syndicat espère que dans neuf cas sur dix une régularisation sera imposée.

Selon Catherine Coroller, journaliste de « Libération », le ministre de l’immigration Brice Hortefeux souhaite une décision « au cas par cas » en ce qui concerne la régularisation des sans papiers. Il s’en tient à la loi « Hortefeux » du novembre 2007 qui porte son nom. La loi dans laquelle le droit des décisions sur les régularisations dans certains cas est mis dans les mains des préfets, contient aussi des dispositions sur l’asile ou sur les regroupements familiaux. Les conventions ont souvent été critiquées en France mais aussi en Allemagne car ils impliquent aussi des tests génétiques avant les regroupements familiaux et un nombre de 25.000 expulsions préfixé par année.

D’après « Libération », Hortefeux se met donc à côté du Président de la République Nicolas Sarkozy et du Ministre du Travail Xavier Bertrand qui demandent aussi l’application de la loi Hortefeux. L’Agence France Presse estime qu’il y a entre 200.000 et 400.000 travailleurs en situation irrégulière en France qui sont surtout employés dans des petites entreprises engagés dans la construction, la restauration, le nettoyage et le commerce. Les politiciens excluent cependant une régularisation massive des employés car il y a selon eux assez d’immigrés en situation régulière. A leur avis, ces travailleurs peuvent remplacer les travailleurs sans papiers comme le taux de chômage dans ce groupe est d’environ 20%. Bertrand ajoute que l’immigration maîtrisée est pratiquée dans des nombreux pays de l’Union européenne. Néanmoins, le gouvernement ne refuse pas des régularisations exceptionnelles s’il s’agit des travailleurs avec des connaissances très recherchées sur le marché de travail.

Mais la journaliste Catherine Coroller soulève la question si le traitement de si peu de cas suffira à satisfaire les syndicats et les travailleurs. En outre, elle cite Marine Le Pen, vice-présidente du Front National et évoque que le parti se montre très critique à cette politique des exceptions. La politique serait selon Marine Le Pen quasi une légalisation de l’immigration clandestine.


En tout cas, les politiciens souhaitent une solution rapide du problème afin d’empêcher plus des sans papiers de s’aligner sur le mouvement et pour ne pas risquer une perte de crédibilité dans la domaine de la politique d’immigration.

Sources :
- Coroller, Catherine : Le sort des salariés sans papiers dans les mains de préfets. Dans : Libération du 23 avril 2008.
- Coroller, Catherine : Immigration : la loi, et rien que la loi. Dans : Libération du 25 avril 2008.
- Libération : Salariés sans papiers : Xavier Betrand veut du « cas par cas ». Dans : Libération du 20 avril 2008.
- Libération : Travailleurs sans-papiers : « Il n’y aura aucune régularisation massive ». Dans : Libération du 24 avril 2008.

Annemarie Ulbrich

1 commentaire:

i.ortiz a dit…

J'ai récemment lu un article choquant publié sur la page de la TAZ. Dans cet article, on peut voir l’image de deux baigneurs impassibles qui continuaient de prendre le soleil sur la plage de Torregaveta, près de Naples, à côté des corps de deux petites filles roms qui venaient de se noyer. Le conducteur de l'ambulance de la Croix-Rouge, arrivé trop tard sur les lieux de la tragédie, avait dénoncé la passivité des vacanciers. Il y règnait une indifférence générale (voir http://www.taz.de/1/politik/europa/artikel/1/an-einem-tag-am-strand ).
Cet événement a fait le tour du monde. Une onde de choque s'est propagée dans toute l'Europe.
Mais s'agit-il vraiment d'un phénomène italien? Je n'y crois pas.
Malgré l'histoire terrible du XXe siècle, la xénophobie est toujours largement répandue. En particulier, les étrangers venant du monde arabe et les sans-papiers sont concernés de ce rejet.
Bien que ces immigrés aient fuit des sitations graves et qu'ils gagnent leur propre argent en travaillant, ils ne sont pas acceptés par la population autochtone. Beaucoup d'entre eux ont des boulots précaires et très mal-rémunérés. Ils travaillent sous des conditions que la plupart des autochtones n'accepterait jamais. Ils travaillent beaucoup sans avoir souscrit une assurance-maladie ou une assurance-accidents.
Il faut trouver une solution pour ces gens. Au moins ceux qui sont capables de gagner leur vie en exerçant un travail devraient être régularisés. Car ils ne sont à la charge de personne. Alors pourquoi leur priver d'un travail légal et assuré?

Nils