Le 15 avril, quelques 300 salariés sans papiers d’une vingtaine d’entreprises de différents secteurs se sont mis en grève avec l’aide de la CGT (Confédération générale du travail). Ils ont occupé leur entreprise afin d’obtenir leur régularisation. Contraints et forcés, certains patrons ont pris fait et cause pour leurs salariés et ont réclamé à l’administration leur régularisation. Par conséquent mis au pied de mur, le ministère a accepté d’ouvrir des discussions avec la CGT et Droits devant. Fin avril, les deux organisations avaient déposé mille dossiers de régularisations dans les cinq préfectures concernées (Paris, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne).
Les cartes de séjour ont été délivrées d’abord aux sans papiers du café de la Jatte à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), puis à quelques employés de l’entreprise de métallurgie à Saint-Denis et de l’entreprise du bâtiment. Quelques autres sont des travailleurs de magasin à Aubervilliers et à l’hôtel Campanile de Bobigny qui ont été régularisés. Cela faisait donc quinze travailleurs sans papiers sur mille dossiers déposés en préfecture qui ont jusqu’ici obtenu leur régularisation. Pour les autres, les choses traînent.
Selon la CGT jusqu’au 20 mai ce ne sont qu’en tout 70 titres divers de séjour (sur mille!) qui ont été délivrés mais pour beaucoup d’entre eux, ils ont été donnés seulement sous forme d’autorisation provisoire de séjour (APS). Ce dernier titre ne permet pas systématiquement la régularisation. Il n’a, de plus, pas été toujours accompagné d’une autorisation de travail. Les salariés reconnus comme tels, sont toujours en grève.
Le 21 mai, près de 400 nouveaux travailleurs sans papiers se sont mis en grève et ont décidé d’occuper leur entreprise. Cette deuxième vague de grèves et d’occupations intervient après celle du 15 avril. Elle a débuté dès six heures du matin, par l’occupation de la déchetterie « Europe service » à Evry dans l’Essonne. Elle s’est conclue à minuit avec l’occupation, par les agents de nettoyage de l’entreprise Eigene France, de leur restaurant « Quick » des Champs-Élysées. Ce sont donc à nouveau des ouvriers sans papiers de différents secteurs , « en tension » : restauration, bâtiment, nettoyage etc. qui ont décidé, avec la CGT et Droits devant de cesser le travail pour exiger leur régularisation.
La CGT estime que le gouvernement ne la prend pas au sérieux. Car après quatre semaines de « lutte », sur les quelques mille dossiers de régularisation déposés dans cinq préfectures par le syndicat, moins de 10% des cas ont donné lieu à l’obtention d’une carte salarié d’un an renouvelable. Mais la confédération est sûre que cette grève va accélérer le processus de régularisation.
Dans la continuité du mouvement de grève des sans - papiers, cinq salariées ont commencé une grève et ont occupé le siège de la société de nettoyage Manet, le 23 mai. Ces femmes ont décidé qu’elles aussi avaient leur place dans la lutte. Sur le trottoir, les grévistes et les soutiens ont distribué des tracts et ont appelé les passants à signer la pétition pour la régularisation des sans - papiers.
Les 1000 dossiers déposés, avec maintenant en plus ceux des grévistes du 21 mai et les femmes qui se sont mêlées, doivent être réglés positivement d’ une façon rapide. Est-ce que c’est possible de satisfaire tous les sans papiers rapidement ?
Tugba
Les sources :
- « Une grande partie des employeurs savent que leurs salariés sont sans papiers », le Monde, article publié le 30.04.08
- « Douze travailleurs sans papiers en grève ont été r´gularisés en Seine-Saint-Denis », le Monde, article publié le 05.05.08
- « Les sans – papiers salariés lancent une deuxième vague de grèves », le Monde, article publié le 20.05.08
- « Grèves des sans – papiers : les femmes s’en mêlent » le Monde, article publié le 26.05.08
1 commentaire:
Une décision au cas par cas - c’est quelque chose qui semble être désirable, surtout pour des allemands souvent souffrant d’une énorme bureaucratie. Une décision au cas par cas - dans le cas des sans-papiers ce n’est pas quelque chose de désirable - serait une catastrophe. La France veut écarter les sans-papiers - non seulement en France, elle combat contre la légitimation massive dans l’Union Européenne. Maintenant il y a des grèves des travailleurs, mais aussi les organisations des droits de l’homme protestent. C’est compréhensible: La France a profité pendant des années des sans-papiers: Eux, ils ont payé des taxes pendant des années, ils ont des familles, des enfants socialisés dans leur environnement, dans leur école…et maintenant, le gouvernement Français veut les écarter mais- et cela est encore plus grave – il veut forcer les autres pays dans l’Union Européenne de ne pas légitimer massivement les sans-papiers. Et la raison pour cette approche massive? D’avoir un meilleur pourcentage de chômage. Probablement, pour beaucoup de gens ce n’est pas une grande surprise car il ne s’attendent pas à autre chose de la politique. Mais: Si la France elle-même profite des sans-papiers, si la France prend des taxes d‘eux- même si les gens vivent en France de manière illégale – cela ne fonctionne pas ainsi. Justement, les organisations font des protestes, nécessairement, les sans-papiers font des grèves, heureusement, les médias le reprennent dans leur couverture. Une décision au cas par cas - si la France peut profiter de ces personnes, elle peut rester en France - si non - toute la famille doit quitter la France, des familles, qui sont intégrer et socialiser en France. Et cela, ce qu’il y a de bon de cette affaire: Comme les sans-papiers sons déjà socialisé en France, ils ont la mentalité française: ne pas rester muet, mais protester, faire la grève. C’est des gens qui habitent en France, qui travaillent en France, qui payent des taxes pour la France, qui pensent comme des Français, qui veulent être Français. Espérons que cette stratégie typique pour la France, de faire la grève, va aider aussi les sans-papiers.
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