Dans la scène politique des Etats-Unis il y a les artistes, parmi lesquels des rappeurs, qui se prononcent pour certains candidats à la présidence et les soutiennent pendant la campagne électorale. Ils réagissent aux événements politiques comme par exemple à la guerre contre l’Iraq et la politique étrangère du Président Bush. Aussi, il y avait la plus récente campagne électorale française quand le rappeur Jamel-Diam’s montait sur scène avec Ségolène Royal: « Ségo in da mouv ». De l’autre coté, il y a le rap qui non seulement réagit à la politique, mais qui fait de la politique, c’est-à-dire, qui fait remarquer les déficits de la société française, qui les dénonce. Le rap, aujourd`hui, est dominé par des sujets comme la violence et le sexe, l’argent et l’usage de drogues.
Aux premiers jours du rap, qui venait de l’autre coté de l’Atlantique, des Etats-Unis, issues des quartiers les plus pauvres, les origines du rap remontent à un manque de voix publique des plus négligés de la société américaine. Les rappeurs faisaient usage de cette forme d’exprimer leur opinion en se servant du rap comme « mégaphone ». Le groupe Public Enemy était le premier groupe de rap américain qui prenait une dimension politique, abordant des sujets comme le racisme, la politique étrangère ou bien des droits civiques (ou plutôt leur manque). C’était un rap qui représentait ceux qui n’ont pas de voix publique, qui cherche à réveiller la politique en dépassant les formats d’expression traditionnels. Un rappeur, pour être respecté par ses collègues, devait lancer des messages sociaux, révolutionnaires. Le rap fut politique.
Le rap d’aujourd`hui a changé. « Je ne suis en rien politiciens », dit NTM, représentant toute une génération de rappeurs. La raison pour ce changement de direction d’une génération de musiciens à l’autre est compréhensible : la commercialisation du rap. Le rap en tant que genre de musique a été découvert par les grands studios, mais pour le faire vendre, il fallait remplir ce format de musique avec un contenu accessible à un public plus large, traitant des sujets avec lesquels une majorité de la groupe cible peut s’identifier. Le rap a été entamé. Il se vend bien, mais il a perdu son sens original.
Néanmoins, il y a par exemple la jeune rappeuse Keny Arkana qui a récemment présenté son nouvel album « Désobéissance » dans un entretien avec le quotidien Le Monde. La jeune artiste incite ses fans non seulement à désobéir, mais à créer des alternatives, au niveau de l’humanité, l’avenir de la planète, l’environnement. Elle dit même qu’elle est en premier lieu contestataire, et qu’elle a choisi le rap comme moyen de se faire entendre, la politique ne devrait pas avoir besoin du rap pour lui. Mais comme les circonstances de vie dans les quartiers problématiques sont difficile, les jeunes dans les quartiers négligés se sentent oubliés par la politique fédérale, et s’ils n’utilisent plus la musique pour faire entendre leur rancune, certains d’entre eux la canalisent en brûlant des voitures. La violence, et les raps, eux aussi marqués par un vocabulaire très fort, font remarquer qu’il y a quelque chose qui va mal – mais ces formes d’expression apprennent aux jeunes qu’il faut hurler, être violent, pour se faire remarquer. En plus, le rap simplifie les problèmes, propose des solutions parfois utopiques. Dit Bill Stephney, membre fondateur du groupe Public Enemy : « Malheur à une communauté qui doit compter sur les rappeurs pour prendre la direction politique. Parce que ça ne correspond pas à un progrès mais à un manque « Lorsque l’on demande aux artistes – fussent-ils des rappeurs – d’assumer le rôle des politiques, c’est en fait que les politiques n’ont pas grand chose à proposer.
Sources:
L'Humanité, publié 9 Mai 2008, 1ÈRE EDITION, par Victor Hache, Keny Arkana : "Arrêtons d'obéir !"
LE MONDE, article publié le 17 février 2008, par Clément Sirdey „N‘est pas bling-bling qui veut Véronique Mortaigne“
LE MONDE, article publié le 25 Mars 2008, par Clément Sirdey, „Atouts et aléas de la musique dans les élections aux Etats-Unis“
dimanche 27 juillet 2008
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