samedi 12 juillet 2008

Sonja P. Le rap français et son langage- une impertinence pour la société ou le porte-parole d’une subculture?

Dans mon article je vais essayer de dévoiler si le langage rap français est simplement une insulte pour la société ou si les textes du rap transportent éventuellement des traits poétiques et culturels. Mes connaissances reposent sur un article sociologique, quelques textes de certains rappeurs inclues dans celui-ci et un blog du rap français.
Les deux sociologues Gudjef et Heimann considèrent le rap français comme mouvement courant musical qui a connu sa genèse dans les années 1980 par des jeunes banlieusards. Selon cette thèse sociologique, la plupart des rappeurs ont modifié leurs messages ainsi que leurs sujets dans les textes afin de pouvoir acquérir une plus grande cible des consommateurs. Autrefois politisées, les textes sont adaptées de plus en plus au goût d’une masse consommatrice qui aime bien écouter des chansons banales sur les voitures, les femmes et l’argent. Ainsi, de nombreux rappeurs confirment à l’exprès les clichées construites par la société qui méprise leur prétendue facon de vivre.
D’après le linguistique Jean Louis Calvet2, le langage employé par les rappeurs, représente une variété de la langue française.
Le verlan qui fait habituellement partie de l’expression verbale des rappeurs est un signe social. On l’utilise également sur de nombreux blogs hip-hop dont un des plus connus est le blog de la radio “Skyrock”. Mais la parole du rap est aussi un moyen de pouvoir, car elle représente une partie de la sociéte, comme par exemple les adhérents du rap et leurs guides musicaux. Selon Calvet, il subsiste une contre-jet linguistique au moment auquel une majorité et sa la langue officielle dominent et oppriment une autre groupe social. Chaque groupe social dispose sur des symboles d’identité dont une est représentée par le langage.Dès lors que quelqu’un se sent menacé ou même reprimé dans son identité- dans ce cas ci le langage –il l’estime plus et la défend plus véhément.
Si on applique cette théorié aux rappeurs françaises des années 1980, vivant dans des banlieues et provenant des familles immigrés on peut constater les faits suivants: Les jeunes immigrés se sentaient exclus de la société. Leur situation économiquement défavorable et les préjugés méprisantes, exercé par les autochtones, ont causé une contre- réaction prenant son exemple des afro-américains. Ces derniers se sont révoltés en forme de leur culture zulu dans les années 1970 et 1980 contre l’oppression raciste du régime américain et sa société. Les rappeurs françaises représentaient à cette époque et représentent encore une couche inférieure. Si on s’oriente au point du départ de Calvet, les rappeurs ont cherché un espace à part duquel ils pouvaient exprimer leur colère.Dans l’article auquel je me refère , les auteurs renvoient à un ancien rite africain par lequel on articule sa colère, on cultive sa propre langue soit on la mélange avec celle du l’oppresseur. D’après les sociologues la relation entre ces sortes d’anciens récits narrant les mensonges les plus longues et réalistes n’est pas à nier. On peut en conclure que le rap français n’est pas justement une attaque d’impertinence pour la société et les politiciens françaises. Or il est plutôt une culture d’oralité qui fait dans certains cas preuve de la creativité et poëcité.
Pour en donner des exemples, les sociologues ont analysé quelques extraits qui démontrent que de nombreux rappeurs comme par exemple Lunatic et 113 (3) réagissent d’une maniére très ironique et parfois avec une portion d’autodérision à l’indignation des journalistes ou des intéllectuels. Ils se moquent de la société en lui faisant croire qu’ ils vivent vértablement selon les clichés en cours. À travers des hyperboles et sur un ton aggressif, les interprètes provoquent encore plus d’intérêt. Comme Stéphane Darvet l’a constaté récamment dans son article dans le Monde (4), l’humour dans les textes rap est en train de devenir plus populaire. Cependant, les messages politiquement engagées apparaissent de moins en moins.
Le rap français est encore un mouvement musical dont la langue est restée rude, parfois vulgaire et même péjorative. Les interprètes ne cryptent plus leurs messages. Par contre, ils se prononcent très directement et abordent des themes qui attirent une plus grande masse, parmi elle surtout des jeunes, car le code linguistique n’est plus chiffré comme autrefois où le rap et son langage appartenaient à un groupe culturellement ignoré et sous-estimé par la société française.



(3) Des textes stéréotypisée: LUNATIC avec le titre "HLM 3"(E. Yaffa/Y. Sekkoumi/M. Jouanneau) Extrait de l'album "Mauvais Oeil".Booba ; 113 avec le titre
(4) Stéphane Darvet: L’humour, l’autre arme du rap. Dans: Lemonde.fr.Catégorie culture, 14.02.2008.
Quelques sources supplémentaires et des liens qui servent à se renseigner de la réception sociale du rap:
http://desencyclopedie.wikia.com/wiki/Rappeur; dernier accès :21.06.2008
http://fr.skyrock.com/blog/music/; dernier accés : 05.07.2008

1 commentaire:

i.ortiz a dit…

À mon avis il faut se méfier d'un jugement du rap trop généralisé: ni peut-on dire que toute la musique du rap soit strictement "politique" et dans ce sens là toujours quelque chose du positif (puisque cela donne une voix aux gens qui se sentent plus ou moins exlues de la société), ni parler d'un mouvement violent qui ne veut que provoquer quoi que ce soit. MAIS je me demande quand même si quelques rappeurs/rappeuses ne trahissent pas leurs propre ideal. Qu'est-ce que cela veut dire si quelqu'un exige du respect et en même temps il en oublie en insultant "les autres" (le reste de la société, les politiciens) d'une manière si violente? Comment peut-on être traité d'une facon respectueuse si on ne le fait pas non plus?
Pour se faire écouter il faut provoquer, d'accord. Je craigne simplement que le côté aggressiv et insultant du rap n'est pas entendu par la majorité de la société dans le sens ou cela les faisait réfléchir - j'ai plutôt l'impression que cette "voix" est rejetté avec autant de récusation.

Le rap rapproche les gens qui se sentent touché de son contenu, qui y retrouvent leur "voix" parlant de leur vie, de leurs problèmes. Mais cela ne peut pas réduire le clivage entre eux et "les autres", cela ne les rapprochent pas tant que êtres-humains.


Anne